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Si l’on regarde le sujet de la série L, « La recherche de la vérité peut-elle être désintéressée ? », le candidat qui prêtera une forte attention sur l’expression « la recherche » aura fait un bon bout de chemin. On peut s’attendre à ce que beaucoup de candidats ne traitent que la question du caractère désintéressé de la vérité alors que tout le sens de la question porte sur les motivations, les raisons qui poussent à rechercher la vérité. Si l’on voit cela, le paradoxe qui permet d’obtenir la moyenne si l’on ne déraille pas trop dans la rédaction saute aux yeux : la vérité, pour être mise en place, nécessite objectivité, raison, jugement, absence d’affects, de passion alors que le mouvement qui nous pousse à la rechercher est de l’ordre des affects, de sentiments, des désirs, des passions, des pulsions. La raison n’a pas le pouvoir de nous mettre en mouvement vers la vérité ; c’est donc parce que nous trouvons un intérêt à quelque chose que nous allons vers elle. On sait d’ailleurs très bien qu’il ne suffit pas que la raison nous dise ce qu’il faudrait faire pour qu’on le fasse ! Si nous ne nous déterminions que par notre raison, nous deviendrions apathiques, sans désirs, sans intérêts ! La vérité exige raison mais aller vers elle exige quelque chose qui n’est pas de l’ordre de la raison mais des affects, à savoir, l’intérêt.
La question sera alors de savoir si le manque qui nous pousse à aller vers la vérité a pour effet de contaminer celle-ci ou si nous sommes capables de juger du vrai indépendamment des forces, des pulsions qui nous ont engagé à rechercher la vérité. L’élève n’aura pas de mal en utilisant son cours sur les philosophes comme Platon, Spinoza, Kant, Marx, Freud, Nietzsche à défendre les deux thèses possibles. Pour la plupart des penseurs classiques, s’il est vrai que la recherche de la vérité a pour point de départ un désir (on n’oubliera pas que le mot philosophie comporte le concept d’amour (philia) qui porte vers), celui-ci n’est que le moteur qui ne joue plus de rôle dans l’obtention de la vérité elle-même : cela s’applique aussi bien au savant qu’au philosophe. C’est pourquoi savants et philosophes critiquent ceux qui, manifestement, font intervenir leur passion au cœur même de ce qu’ils posent comme étant la vérité (on pourrait citer ici mais pas le candidat le cas (privilège du prof !) de ce pauvre Claude Allègre).

Mais, à l’inverse, il existe ceux que Paul Ricœur a nommé, les «philosophes du soupçon» comme Marx, Freud, Nietzsche qui affirment que, et la recherche de la vérité et le résultat (ce que l’on nomme vérité) ne renvoient qu’à des pulsions, des forces, des intérêts, ce qui fait que contrairement à Platon par exemple, il n’est pas possible de séparer intérêt à rechercher la vérité et vérité elle-même, ce qui aboutit à détruire l’idée même de vérité comme résultat d’un jugement rationnel, universel et objectif.