Dans quelques temps, nous proposerons une bibliographie commentée sur la notion de société ainsi que la problématisation de cette notion.
Nous mettrons également, tout au long de l’année, des articles concernant cette notion. Nous commencerons certainement par un long article sur les rapports entre société et Etat, souvent confondus en occident.
En attendant, disons à ceux qui se réjouiraient d’avoir à traiter une notion qui leur “dit d’emblée quelque chose”, qu’ils doivent se méfier d’une telle impression rarement positive en philosophie : la compréhension d’une notion est en raison inverse de son extension !
Et pour commencer à réfléchir sur cette notion, on peut lire ce texte de Durkheim qui vient de tomber au baccalauréat de 2011 dans la série ES : Si, selon Durkheim, c’est de la société dont “nous vient l’essentiel de notre vie mentale”, c’est du concept de société que viendra, pour l’étudiant, l’essentiel de sa note au concours … L’intérêt de ce texte est de rappeler aux individualistes que nous sommes devenus que la société est la condition de possibilité de l’essentiel de ce qui constitue notre être. Elle est comme le principe transcendantal de notre être.

3ème SUJET
Expliquer le texte suivant
La société […] est la source et le lieu de tous les biens intellectuels qui constituent la civilisation. C’est de la société que nous vient tout l’essentiel de notre vie mentale. Notre raison individuelle est et vaut ce que vaut cette raison collective et impersonnelle qu’est la science, qui est une chose sociale au premier chef et par la manière dont elle se fait et par la manière dont elle se conserve. Nos facultés esthétiques, la finesse de notre goût dépendent de ce qu’est l’art, chose sociale au même titre. C’est à la société que nous devons notre empire sur les choses qui fait partie de notre grandeur. C’est elle qui nous affranchit de la nature. N’est-il pas naturel dès lors que nous nous la représentions comme un être psychique supérieur à celui que nous sommes et d’où ce dernier émane ? Par suite, on s’explique que quand elle réclame de nous ces sacrifices petits ou grands qui forment la trame de la vie morale, nous nous inclinions devant elle avec déférence.
Le croyant s’incline devant Dieu, parce que c’est de Dieu qu’il croit tenir l’être, et particulièrement son être mental, son âme. Nous avons les mêmes raisons d’éprouver ce sentiment pour la collectivité.

Durkheim, “Sociologie et Philosophie”