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Vivons-nous pour être heureux ?

Curieusement, ce sujet de la série S est très proche de celui de la série L de cette année (Doit-on tout faire pour être heureux ?) ! Mais cela n’aide en rien ceux qui composent dans des séries parallèles !
Cependant, on peut lire ici ce que nous avons écrit pour ce sujet.

Bien entendu, il ne faut pas confondre plaisir, joie et bonheur. Il s’agit ici du bonheur au sens fort du terme. Et le sujet demande si l’on peut poser le bonheur comme but, comme valeur fondamentale de la vie. Comme dans le sujet des L, il faudrait envisager d’autres valeurs de la vie (vérité, justice, liberté etc.) que le bonheur. La question est de nature axiologique, ce qui veut dire que nous devons faire un choix parmi les valeurs. Or, contrairement à ce qu’affirme spontanément l’opinion commune, on ne peut pas choisir sans contradiction toutes les valeurs. Si nous ne vivions que pour être heureux, cela ne pourrait pas ne pas entrer parfois en contradiction avec d’autres valeurs comme le respect d’autrui, la liberté, la justice, la vérité etc. Le plan de de ce devoir pourrait simplement, dans une première partie, montrer que c’est bien le bonheur qui semble être posé comme finalité essentielle de notre vie. Et cette quête du bonheur serait universelle et posée comme le souverain bien : « Tous les hommes recherchent d’être heureux, écrit Pascal, c’est le motif de toutes les actions de tous les hommes, jusqu’à ceux qui vont se pendre » (Pensées , 425).. Et à la différence des autres biens que nous pouvons viser dans l’existence, le bonheur est recherché pour lui-même : « Tout ce que nous choisissons est choisi en vue d’une autre chose, à l’exception du bonheur, qui est une fin en soi » (Aristote, X, VI).

On pourrait dans un second temps montrer que la vie peut être polarisée sur d’autres valeurs que le bonheur.
Mais pour ceux qui ont l’oreille fine, on pourrait prendre au sérieux les concepts proposés. On parle ici de vie et non pas d’existence. Or un élève de la série S qui, même s’il ne désire que les maths, suit quelquefois des cours de biologie, sait que le concept de vie ne s’applique pas uniquement à l’homme. Quel est donc ce sujet, ce « nous » dont parle l’intitulé ? L’animal ne vivrait-il pas aussi pour vivre heureux ? Ne faut-il pas placer le bonheur comme but de toute forme de vie ? Le bonheur serait-il un but universellement recherché ? Cela aurait des conséquences dans la façon dont les hommes traitent les autres vivants et se rapportent à eux.
Mais, l’homme vit-il ? Certes, il possède une vie biologique mais, en toute rigueur, l’homme ne vit pas mais existe car il a une conscience qui le sépare toujours de la simple vie biologique. D’où le paradoxe suivant : la conscience, spécificité de l’homme, qui nous met à distance de la vie et du bonheur devrait s’abolir en tant que conscience et essence de l’homme pour viser le bonheur ! Vivre pour et dans le bonheur contredit le propre de l’homme qui existe. Si l’homme n’était qu’un vivant, il pourrait à la fois viser le bonheur et être heureux ; mais si l’homme est un ex-istant, un être doté d’une conscience qui produit en lui le temps, le désir, le bonheur qui suppose abolition de la conscience, du temps, du désir, ne peut pas être ce qui constitue sa condition d’homme. Il lui reste le plaisir ou la joie comme finalité de son existence : plaisir d’agir dans le présent.